Dakhla – Essaouira – Tanger
Vendredi 29 mars 2013.
Après avoir dîner d’un excellent risotto aux champignons arrosé d’un double jus d’oranges pressées, j’ai passé une nuit paisible bercé par le bruit des vagues.
Une longue journée de vol s’annonce, avec 1650 km à parcourir.
Je retrouve ce matin mon grand ami le militaire qui est tout fier de me dire, qu’il a personnellement réglé mon problème hier, conjointement avec le commandant de l’aéroport. Il est content Monsieur Pinot !! Il est content …
Au petit déjeuner ce matin j’étais seul avec, à une autre table, deux hommes portant des chemises à épaulettes avec 4 galons. Je les retrouve à la tour de contrôle où ils viennent, comme moi, déposer leur plan de vol. Ils arrivent des Pays Bas avec un magnifique Bell Agusta tout neuf pouvant transporter 12 personnes qu’ils vont livrer à Total Nigéria pour leurs plateformes pétrolières. Il est équipé de flotteurs en cas d’amerrissage. Je suis jaloux. Moi aussi j’aimerais bien avoir des flotteurs !
Nous discutons 5 minutes. Ils me disent qu’il vole comme mon bébé à 250 km/h. Ils n’ont par contre que 4 heures d’autonomie. Je n’ai pas osé demandé ce qu’ils consomment à l’heure. Ce doit être monstrueux !
Il fait grand beau et le vent souffle fort. Après le décollage je retrouve 45 km/h de face à 6000 pieds et 25 km à 10500 pieds. Je sors mon Ipad pour commencer mon article. Le temps passe ainsi beaucoup plus vite. Le traumatisme du cafouillage moteur fait désormais partie du passé. J’ai décidé de tourner la page vu que je sais maintenant quelle en était la cause et quelques heures de vol sur la terre ferme vont sans aucun doute contribuer à me redonner une absolue confiance en ma machine comme c’était le cas avant cet incident. Je ne tends déjà plus l’oreille, je suis pour ainsi dire guéri. Etant en contact radio avec les Canaries, je suis tranquille et je n’ai pas besoin de faire du slalom comme ça va être le cas tout à l’heure d’Essaouira à Tanger avec le pénible cheminement VFR des marocains.
J’ai appris qu’il fait toujours aussi froid chez nous et je me demande pourquoi je suis aussi pressé de rentrer. Pour tout vous dire, c’est pour mieux repartir. J’ai prévu un petit voyage après Pâques, à plusieurs appareils, avec des amis rencontrés l’année dernière sur le Tour du Maroc. Biarritz, la côte nord de l’Espagne, Saint Jacques de Compostelle, le Portugal jusqu’en Algarve avec un retour par Granada, Toledo…
J’arrive travers les Canaries distantes de moins de 150 km. Dommage de ne pas y faire un petit saut. Je ne connais pas. J’y retournerai. Il me reste 2 heures de vol. Je passe avec Casa contrôle. C’est maintenant Agadir contrôle. Ils m’autorisent à faire une directe Essaouira. Je remercie chaleureusement la contrôleuse. Et c’est bientôt la descente. Je vous retrouve tout à l’heure.
Formalités de douanes, essence, plan de vol et c’est reparti. Je remonte à 10500 pieds. J’ai maintenant trop de pression d’essence, le contraire d’avant. Le témoin est dans le rouge. Je fais un sms à Pierre qui me répond de ne pas m’inquiéter. Je me fais quand même du souci. Je réduis un peu la puissance et le témoin s’éteint. Je continue ainsi jusqu’à Tanger où j’appelle Pierre qui pense que c’est toujours ce satané filtre. Il pense que cela peut agir dans les 2 sens. Il m’explique comment le démonter afin de le nettoyer. Je me couche sous l’avion et me mets à l’ouvrage. Ce n’est pas simple, je tatonne, on ne voit rien, il n’y a pas de place mais je finis par réussir à l’ouvrir. J’ai de l’essence qui me coule le long des bras. Que du bonheur !
Le filtre n’est pas particulièrement sale, je le nettoie et le remets en place. Je verrai demain si cela a été utile.
Merci de me suivre.

